Préambule

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Préambule

Message par Vajrakilaya le Lun 28 Aoû - 19:26

Comme j'en avais coutume à chaque fois que je venais méditer sur la concession d'Ojal, je laissais par respect mon Betrayal relativement à distance. Non que je pensais que le bruit de la turbine pouvait perturber son "sommeil", elle paraissait si "éloignée" de nous, mais la sérénité qui émanait de ces lieux était si palpable que je n'osais la troubler. Cet endroit ressemblait à mes yeux à une enclave, je m'y sentais si apaisée, comme ressourcée. Je savais pourtant pertinemment toute la violence qu'il recelait...
Jamais jusqu'à présent, je n'avais pu ne serait-ce qu'apercevoir un seul de ces Initiés originaires du Jiuduocun et qui, selon toute vraisemblance, s'avéraient être les survivants des Dob-dob "sous la montagne"... Je n'avais certes pas encore essayé d'établir le contact. C'était bien trop prématuré encore, et j'avais beau avoir parcouru beaucoup de chemin depuis Sol Invictus, je n'étais pas encore prête. Ils ne devaient pourtant pas être bien loin. Et peut-être observer. Pouvaient-ils seulement percevoir les vibrations de ManiBhairabayan transcender nos Karmas ? Et surtout les recevraient-ils comme une bénédiction ou un sacrilège ? Si toutefois, même si j'avais peu de doute à ce sujet, c'était bien d'eux dont il s'agissait...

Les gestes lents et assurés, je m'asseyais en position du lotus sur la dune habituelle.
Ce petit monticule attirait grandement mon affection pour sa résistance et sa persistance, et surtout je parvenais à y communier en paix comme nul part ailleurs, idéalement placée en face du bunker d'Ojal Panduranga. Se trouvait-elle réellement à l'intérieur ?
Je me posais d'incessantes questions, et beaucoup avaient trouvé leur réponse, mais il en restait encore d'innombrables dans l'ombre. Le cheminement sattvik qui était le-mien depuis plus de trois ans maintenant me semblait sans fin, mais je le suivais, consciencieusement portée par Eecatl, telle une procession. Et doucement, je me laissais "aspirer" par Vajrabhairava... J'avais foi en Ojal tout autant qu'en König. Je savais pourtant bien qu'il n'était pas le Roi du Shambhala des Traditions Jonang et Gelug, et induit par le Codex 0a310 du Bunker Soeur... Tout au moins, pas encore. Et le jour où peut-être il se poserait la question, alors je m'agripperai à ma Foi en Ojal et en l'Azur, et je lui dirai, avec un brin de malice... Mon Roi, "connais-toi toi-même"... Et tu sauras. Et tant qu'il n'aurait pas prouvé le contraire, je croirai en lui. Talos y croyait-il lui aussi ? Pour Souther, c'était en tout cas bien autre chose.

Je savais que Vajrabhairava était une divinité de la méditation; et que Guru Meditation ait pu être membre de Melpomène par le passé consolidait bien plus que mes intuitions, mais également mes convictions et ma détermination. Et que Thorn laisse penser que notre tout premier Huitzilopochtli était "indien et de véritable lignée royale sur notre planète Terre" n'allait pas m'inciter à croire le contraire. Néanmoins la nationalité française de Guru m'amusait tout autant qu'elle me laissait quelque peu perplexe. Et il sera nécessaire d'ailleurs que j'étudie aussi à un moment de manière bien plus assidue ce personnage qui, comme moi, semblait bien croire au lien entre König et la légende du Shambhala. Beaucoup de l'héritage que Requiem m'avait légué et du travail que j'avais dès lors entamé me menaient à lui. Il allait tôt ou tard falloir que j'y vienne, et j'avais d'ailleurs commencé dans cette idée depuis un moment déjà à répertorier les Azurins de ZdV1 du Totem Tortue Stellaire. Et parmi mon recensement et ma classification des monastères bouddhistes terrestres, je n'omettais bien sûr pas du coup ceux français.
La Tradition Gelugpa retenait grandement mon attention, car Vajrabhairava y était hautement lié, et les Dob-Dob de Manibhairabayan étaient également des moines de cet Ordre tibétain. Je tâchais pour autant dans mes études de ne pas négliger les autres écoles, car je tenais vraiment à avoir une vue d'ensemble et un regard des plus objectifs possibles. Comme, entre autres, pour les cultures Aztèques, Incas et Mayas, le travail s'avérait colossal. Et j'avais d'ailleurs éprouvé bien moins de difficultés avec celle nordique. Probablement, cela provenait de quelques origines européennes. A n'en point douter même.

Depuis la nuit consécutive à l'Inti Raymi et l'épilogue du premier mouvement Adamantin que j'avais amorcé quelques mois en amont avec le cérémonial céruléen et ma méditation sépulcrale, j'avais quitté la zone Kohno pour revenir temporairement sur Nanyotenmondaï afin de me recueillir avant ma prochaine étape, à Kipini.
Mon escale ohktavienne et les repérages que j'y avais réalisés, tout comme le rite ancestral de combativité et celui du bouillon ancestral que j'avais amorcés en même temps que l'onction, avaient un but en commun. Celui de marcher sur les traces du Tanta de Kalachakra, le Tantra de "la Roue du Temps" que le Dalaï-Lama gardait précieusement. Et qui était cher aux Gelugpas, notamment ceux du Monastère de Namgyal de l'enceinte du Palais du Potala à Lhassa, et qui à priori désormais résidaient à Dharamsala, en Inde.
Cette étude était pénible et difficile, mais indispensable. Et je m'y attelais avec autant de ferveur et de dévouement qu'à l'accoutumée. La route de Diamant était ainsi pavée, et elle avait pour moi l'honneur et la noblesse du reflet de l'Or, ainsi que la lumière de l'hommage que je pouvais rendre à Requiem, comme avec Eecatl. Et depuis bien longtemps déjà j'avais pris conscience que je ne m'appartenais plus. J'aurais tellement aimé avoir l'esprit d'une Hermétique pour me joindre à elle et à ces Témiens que j'appréciais tout autant que les Nomades, les LSD et tant d'autres, mais j'avais celui d'une enfant d'Erinyes et de la Tribu des Vents, et à défaut Ojal et l'Echiquier semblaient vouloir malgré tout réaliser mes voeux, et par les Chinooks, Vajrabhairava et l'Echiquier, m'avaient ramenée à étudier les Blackmonks.
Mais il fallait avant que je passe par Kipini et le Bouddha décapité, tel Mimir de la "sagesse" nordique. Et peut-être par la Faction Purificatrice aussi. La somme de travail à accomplir m'apparaissait si vertigineuse.

J'avais également au cours de ces derniers mois considérablement avancé sur l'étude du Codex 0a198.
Les quelques réactions que j'avais pues susciter au Bar du Forage suite à la correction infligée à Lilith ainsi que lors de mes dernières communions avec Eecatl me donnaient d'indubitables indices. Et pas que sur cela d'ailleurs. Je me demandais bien si Eecatl était un phénomène lié à MMEMO comme Yaxche, ou à Colossus comme Muluc; peut-être un processus de type König, Xiutehcutli, Ohkt ou Mictlan, mais j'en doutais fortement quand même... Autre chose ? Qui sait ?... Les Ehecatotontin pouvaient le laisser croire. Un jour, nous le saurons bien...
En attendant, je continuais d'apprendre. Encore et encore... et de me laisser aspirer.

Jamais je ne m'étais sentie aussi proche de me trouver. Pourtant, mon nom n'avait pas changé. Il manquait encore quelque chose. Mais quoi ?
J'avais étudié ce qui était arrivé à Laxa et Abby, avec autant d'assiduité que les mémoires que ma mère avait laissées à mon intention au Shaman et vers lesquelles Cedrxator m'avait à l'époque conduite. J'avais en revanche très peu récolté d'informations sur DrThrax, peut-être d'ailleurs ferais-je bien d'en parler avec Lev. D'autant que le drapeau syndical qu'il arborait m'interpelait avec beaucoup d'ironie. Quoi-qu'il-en-soit, même si pour chacun il y avait de nombreuses différences, c'était surtout les points communs qui m'importaient, comme ce qui m'était arrivé à l'époque où j'avais été séparée d'Erinyes, et que j'avais perdu mon nom de Tisiphone.
Depuis que j'avais décidé de mettre un terme à mon Itinérance en rejoignant Nomades, je m'y efforçais... en vain. Il n'avait d'ailleurs pas fallu longtemps, malgré mes réticences, à MaelochXZ pour me convaincre, d'autant que Requiem m'avait déposée dans les bras d'Eecatl. J'avais tellement d'estime pour l'Amenokal de la Tribu des Vents, tout autant que pour Requiem et Lev. Même si je savais que l'enseignement qu'il m'avait transmis était subjectif, j'avais néanmoins un grand respect pour lui, tout autant que ma mère semblait en avoir. Je savais ses motivations nobles et honorables...

Et je n'avais toujours pas recouvré de nom... d'un vrai. Mais je m'en sentais si proche... Plus que jamais.
Depuis Nomades, le nom d'Elissandre sillonnait sciemment et à dessein mon esprit, et depuis que j'avais pris conscience de la fourberie du 37 et des B.O.S.S, celui d'Arya se mêlait aussi à lui, et encore bien plus depuis le jour où j'avais rejoint Melpomène... mais rien n'y faisait... Mais rien non plus ne semblait pouvoir endiguer ma volonté, et plus j'étais confrontée à la traîtrise et à la pauvreté morale, plus j'étais déterminée et convaincue.
Je comprenais bien que mon parcours linéaire, toujours fidèle à la noblesse et allergique à la fourberie, pouvait paraître opaque pour quelques-uns, et qu'au contraire, ils l'assimilent aux-leurs, aussi différents soient-ils les-uns des-autres, m'en disait long sur certains; et mon esprit notait, et telle une Furie, fusse-t-elle d'Eecatl et de Vajrabhairava, je n'oubliais jamais rien...

Les tibétains, au 27 février, avaient commencé à fêter leur nouvel an... sous le signe de l'Oiseau Géant de Feu femelle.
Oiseau Géant de Feu était le Totem d'Ojal, l'année semblait avoir été choisie comme mes milles jours et mon titre de soeur du sarcophage de Melpomène à l'occasion du 25 décembre, jour de Mithra et de Sol Invictus... La blague ne semblait pas vouloir prendre fin, et je percevais mon âme sourire d'une indécente plénitude...


Dernière édition par Vajrakilaya le Lun 28 Aoû - 19:27, édité 1 fois
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Re: Préambule

Message par Vajrakilaya le Lun 28 Aoû - 19:26

Avec application, j'incisais à l'aide d'une épine d'Agave quelques-uns de mes hématomes afin de récolter ce sang de la douleur gavé de H-702 dans une fiole vaccin.
La construction de mon tout premier mandala était une nouvelle et importante étape de mon cheminement sattvik, et j'avais pour cela amoncelé une bonne partie de mon inventaire dans ma salle logistique.

Après avoir soigneusement fait couler quelques gouttes d'une Fiole justinienne sur les plaies, je pris le flacon sanguinolent et y versai précautionneusement le contenu d'un sachet de Lumière Solaire, mélangeant ensuite longuement et délicatement le tout avec une petite tige osseuse finement taillée jusqu'à obtenir une composition suffisamment pâteuse. Enduisant alors abondamment l'index de ma main gauche de cette sombre et précieuse mixture, je m'installais confortablement en position Siddhasana, veillant bien à me tenir face à l'Ouest, le regard vers Cihuatecayotl.
Avant de me lancer dans des structures plus complexes, je m'étais tout d'abord logiquement concentrée sur les bases fondamentales les plus minimalistes de la voie adamantine de cette coutume bouddhiste. Le centre et les quatre directions; le mandala des cinq bouddhas de méditation. Et j'avais consciencieusement pris soin d'évacuer de mon esprit toute influence de mon conditionnement culturel afin de ne percevoir aucune déité, mais simplement d'élémentaires symboles spirituels servant de supports méditatifs.

- Au Centre et de couleur blanc, Vairocana, le "Grand Soleil", "Grande Lumière" ou le "Resplendissant", somme des couleurs des bouddhas qui émanent de lui;
- au Nord et de couleur vert foncé, Amoghasiddhi, "Succès efficace" ou "Seigneur du son de tambour", pour le dépassement de l’envie;
- à l'Est et de couleur bleu sombre, Akshobhya, "Impassible" ou "Inébranlable", pour transformer la colère en sagesse;
- à l'Ouest et de couleur rouge, Amitābha, "Lumière Infinie", "Longévité Infinie" ou "Bouddha de Lumière Infinie", pour la compassion, l’amour bienveillant et la puissance émotionnelle;
- et au Sud de couleur jaune, Ratnasambhava, "né du joyau", pour le dépassement de l'orgueil et de l'avidité.

L'aspiration de Vajrabhairava était un alizé de direction Est/Ouest, Vajrabhairava une Puissance traditionnellement de l'Ouest, la Forge Karmique Pourpre se trouvait à l'Ouest de la ZdV1, la concession d'Ojal reposait sur sa frontière Ouest, et Kipini où s'élevait le Bouddha décapité était également situé à l'Ouest.
Je voyais bien plus qu'une direction à tout cela, j'y voyais un sens. Et, faisant par la même honneur à l'héritage de Requiem, je continuais de me laisser aspirer par la voie du Vajrayāna, chère à l'école Gelupga... Yamantaka, "l'Exterminateur de la Mort", au coeur, connu sur "nos" dunes sous le nom de Vajrabhairava, "La Terreur Adamantine"...

Les supports primordiaux de ce mandala du "monde de diamant" ne se limitaient pas à ces cinq symboles. Ils se déclinaient en réalité chacun par quatre aspects, interprétés par deux états: "Masculin ou Féminin", "Paisible ou Courroucé".
La structure primordiale à cinq éléments de ce support méditatif adamantin présentait ainsi quatre formes originelles et fondamentales.

- Masculins et paisibles: Vairocana (blanc), Amoghasiddhi (vert foncé), Akshobhya (bleu sombre), Amitābha (rouge) et Ratnasambhava (jaune).
- Féminins et paisibles: Akasadhatishvari (blanche), Tara (verte), Locana (bleue claire), Pandaravasini (rouge claire) et Mamaki (jaune).
- Masculins et courroucés: Bouddha-Heruka (noir), Karma-Heruka (vert), Vajra-Heruka (bleu), Padma-Heruka (rouge) et Ratna-Heruka (jaune).
- Féminins et courroucées: Krodhesvari dit la Dame courroucée (noire), la Dame courroucée de l'Action (verte), la Dame courroucée du Vajra (bleue), la Dame courroucée du Lotus (rouge) et la Dame courroucée du Joyau (jaune).

La découverte et la construction de mon mandala allait être une longue entreprise, prenant racine dans sa plus simple et primordiale expression par la déclinaison de ces quatre aspects fondamentaux que j'allais devoir interpréter, structurer et symboliser.
Une fois tout cela bien déterminée et articulée, j'allais vraiment pouvoir me lancer dans des architectures plus complexes, mélangeant chacune de ces assertions, et y ajoutant également d'autres supports méditatifs, tel évidemment que Vajrabhairava, voire même Ojal Panduranga en Dakini Adamantine de l'Ouest.

Avidité, colère, ignorance, orgueil et scepticisme. L'A.C.I.O.S, les cinq perturbatrices.
Au cours de mon itinérance, je les avais chacune observées droit dans les yeux, j'avais plongé mon regard dans leurs tréfonds, soutenant sans faiblir la vision de leurs pupilles néfastes... j'avais laissé toucher ma peau par la fange maudite.

Prenant quelques minutes avant de me consacrer à la construction des quatre mandalas qui devaient me mener au-mien ainsi qu'à celui de l'offrande pour Ojal, je récitais paisiblement le mantra de Padmasambhava... le maître spirituel dit "né du lotus".

https://www.youtube.com/watch?v=ynSWoeQYsTE&feature=youtu.be
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Re: Préambule

Message par Vajrakilaya le Lun 28 Aoû - 19:27

Le corps et le regard tournés vers l'Ouest "rouge", plongeant régulièrement mon index dans cette mixture de Lumière Solaire et du sang de mes hématomes comme, avec de l'encre, on le ferait pour une plume, j'avais tracé sur le sol froid et métallique de la salle logistique cinq cercles. Un grand au centre, d'un mètre environ de diamètre; et les quatre autres accolés à lui selon la direction des points cardinaux. Le Sud à ma gauche, et donc à la droite du cercle central comme le voulait la tradition.
L'orientation selon l'aspiration de Vajrabhairava paraissait bien convenir. Tout semblait parfaitement concorder.

Les paroles d'Ojal raisonnaient dans ma tête et, à Amitābha, rendaient l'écho d'un espoir muet.
" Je resterai endormie pour ne pas être atteinte.
Je ne bougerai plus ni ne vais respirer.
Je fermerai les yeux pour ne pas voir.
Ils m'ont trouvée dans mon village, ils savent, ils trouvent.

Je vivrai dans ma tête...

Jusqu'au bout"...

On dit parfois le "réveil" difficile. Pour "Elle", il n'y en avait pas. C'était sa volonté, le symbole qu'elle avait l'air de transmettre.
L'Ouest rouge, à l'image de sa Forge Karmique, s'était ici paré de pourpre. Le Royaume où règne Amitābha, celui de la « Terre pure Occidentale de la Béatitude », monde merveilleux, pur, parfait, dépourvu du mal et de souffrance, était profondément souillé. A ce niveau, on pouvait même dire maudit, ou même déchu, souriais-je naturellement. Que le Bouddha de Kipini en ait perdu sa tête n'avait au final rien de bien surprenant, et que Mañjushrî, le grand Bodhisattva de la sagesse, puisse se manifester sur nos dunes par son aspect courroucé, celui de Vajrabhairava, n'avait non plus rien d'étonnant.
Le Vajra, signifiant Diamant et Foudre, était un élément purificateur, et j'avais ainsi également la Faction en ligne de mire. Qu'elle considère le 37 comme fourbe et traitre était un indéniable atout à mes yeux, mais j'étais néanmoins profondément marquée par l'Echiquier. Trop sûrement. Il allait falloir pour cette mission aussi, comme pour celle du Masque Adamantin, de la tête du Bouddha décapité et de bien d'autres encore, que je trouve les personnes les mieux qualifier et les plus à même de la mener à bien. Et, en l'occurrence, outre être relativement éloignés du conflit entre König et Xiu'li, il fallait également de préférence pour celle-ci l'être tout autant de MacLockhart, ou d'un quelconque spectre.

En attendant d'en venir à tout cela, je me concentrais déjà sur le mandala des "Terres de Diamant" que j'étais en train de construire, celui des cinq Bouddhas de méditation, et de sagesse.
Longtemps j'avais réfléchi à la manière d'approcher ce diagramme et notamment d'interpréter Vairocana, Amoghasiddhi, Akshobhya, Amitābha et Ratnasambhava, ainsi que leurs parèdres et aspects courroucés. J'avais quelques idées, et probablement avec le recul, et de l'aide aussi, qu'elles s'affineraient avec le temps.
Maintenant ma position Siddhasana, tout le matériel à portée de main, je pouvais commencer à disposer les objets dans les cinq cercles afin d'essayer d'en retranscrire pour chacun l'essence servant de support méditatif.
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Re: Préambule

Message par Vajrakilaya le Lun 28 Aoû - 19:28

Encore une fois, je m'éveillais crachant du sang. Depuis quelques semaines, cela m'arrivait de plus en plus fréquemment. Le cérémonial céruléen tribal mettait mon estomac à rude épreuve, pourtant je ne ressentais absolument rien. J'avais conscience qu'il se passait dans mon corps quelque chose d'anormal, mais toute douleur semblait avoir été bannie. Je ne présentais même aucune fièvre, pas la moindre goutte de sueur. L'efficience du comprimé A01AD05 composant ce rite végétarien n'était pas une légende; et à raison de 500mg dans chaque onction de cet analgésique antipyrétique, les effets secondaires non plus. L'état un peu piqué du boitier filtre de rover servant de récipient en disait long sur la mixture. Néanmoins, après chaque cérémonial céruléen, j'étais bien plus confiante, et je me sentais aussi indéniablement me rapprocher des Grands Anciens.
Et il n'y avait pas que cela. J'éprouvais également une étrange fatigue persistante, allant parfois jusqu'à la somnolence. J'étais zen certes, mais je l'étais quand même un peu trop, et ce n'était clairement pas le résultat de mes méditations quotidiennes. Les 200mg d'anxiolytique de cette pâte bleuâtre n'était pas là pour faire de la figuration; même par ingestion, la monodose d'injecteur 56776-32-0 contenue dans sa composition se faisait bien sentir. Et depuis le temps, ses molécules devaient abondamment circuler dans mon sang. L'accoutumance en devenait d'ailleurs chaque jour plus prégnante, et j'en percevais bien l'évolution; en état de manque, elle se traduisait par un stress de plus en plus incontrôlable jouxtant de très près avec la paranoïa, engendrant même dans certaines situations une rage folle.
Les rites tribaux étaient sans nul doute d'une aide précieuse pour parvenir à vivre sereinement perdue dans l'immensité du Red Wüste, et le cérémonial céruléen occultait à merveille toute fièvre ou douleur et surtout toute angoisse, mais il ne fallait vraiment pas se retrouver prise au dépourvu, et encore moins loin de la ZdV. Bienheureusement, aussi sombres et inquiétantes soient-elles, nous avions nos sources au sein des DMZ.

Tant que je le pouvais, par le biais de la construction de quelques mandalas, je mêlais mes méditations à ces rites locaux. Et les supports courroucés s'accumulaient, enveloppant mon âme de leur doigts griffus et acérés. Leurs natures faisaient irrémédiablement écho à la-mienne, et berçaient mon esprit dans un écrin familier.
Je m'y sentais si à l'aise. A tel point que j'avais passé avec beaucoup moins de difficultés le cap des rites nécrophages et cannibales. J'avais au début vécu ce genre d'initiation comme une véritable gageure, mais avec le temps, je m'y étais habituée. J'y avais même pris goût, pensant également parfois à notre nouveau Laufer, qui lui n'avait pas la chance de pouvoir bénéficier du talent de nos artisans, et encore moins à fortiori de ceux de Necropolia. Il n'y voyait de toute façon rien de rituel, se cantonnant à l'essentiel, la survie. Et il était rassurant, pour l'un comme pour l'autre d'ailleurs, de savoir que König veillait désormais sur lui.
C'est certain qu'il ne devait pas être aisé de dénicher des Injecteurs N01AX03 et 7220-79-3 à la Morgue. Fusse-t-elle liée au Bunker Soeur. Encore que...

De notre côté, nous n'avions pas ce type de problème, notamment grâce au rite ancestral de la pourriture douceâtre, et ceux, tout aussi ancestraux, de combativité et de survie tribale. En revanche, comme pour le cérémonial de mystification azuréenne, nous avions bien les effets secondaires. La monodose d'anesthésique entrant dans la composition du Bouillon Tlacatlolli et du Faux poulet reconstitué baissait nettement le seuil de fatigue, ce qui pour les troubles de somnolence était une véritable bénédiction, ainsi que la douleur physique, si tant est que j'en avais encore besoin, mais la dépendance était conséquente. Lorsque mon corps était en manque, cela me plongeait dans un état de nervosité fortement accrue. Et quand cela m'arrivait, pour éviter tout problème, j'avais pour habitude d'aller danser sur les dunes avec Eecatl ou de me défouler dans l'Arène de Métal; broyer frénétiquement des casques et des os était une activité hautement réconfortante où mes symptômes passaient inaperçus, se fondant allègrement dans le décor.
J'étais aussi régulièrement en proie à des vertiges et des nausées. Et je percevais une légère gêne au niveau abdominal, mais je n'avais plus le sens de la douleur pour m'avertir et m'informer concrètement. Les 400 mg d'antiseptique étaient fort louables, permettant certainement de désinfecter de nombreuses plaies, mais je devais déjà en avoir une concentration relativement conséquente dans le sang pour tituber ainsi et si souvent. Le rite nécrophage de la rouille et des os broyés, tout comme celui cannibale du peuple du désert, étaient sans nul doute des coutumes courantes en DMZ, les occasions de se blesser étant probablement si nombreuses, et peut-être même fatales sans une stase médicale ou un boitier Mother fonctionnel, mais leur valeur nutritive était également à n'en point douter un atout primordial... Voire même vital dans un environnement aussi hostile et aride, où la nourriture devait principalement provenir des corps en décomposition conservés tant bien que mal par le froid.

L'onction céruléenne, elle, n'offrait aucun apport nutritif, pourtant la Mentha Vulgaris entrant dans sa composition relevait une connotation bien appétissante en comparaison des grands restes humains des rites nécrophages et cannibales. Et, indirectement, cela m'amenait souvent à m'interroger sur les ingrédients que pouvait contenir une gélule de H-702.

Ce fruit de l'art vaudou était certes nourrissant, tout autant qu'un sachet de Lumière Solaire, qu'un Bouillon Tribal ou qu'un Faux poulet reconstitué, mais avant tout, il permettait de lutter contre le plasma noir, appelé aussi vulgairement sombre mal rampant. Et que la Caste de la Liqueur puisse concevoir et commercialiser ce produit avait quelque peu altéré ma défiance à son encontre; je n'en oubliais pas pour le moins qu'elle était aux mains des Nécros-combattants, et que le Putride, tout comme le Depositorium, étaient tapis dans leur ombre.
Je marchais sur des oeufs, de Sauriens et de Ténèbres en l'occurrence, et il fallait me montrer prudente. Leur nature recelait plusieurs pans de notre genèse; dont celui qui avait vu naître les Bunkers Pères. Mais aussi celui de la rivalité entre la Firme et le Mostra, tout comme celui du combat pour la Lumière... Même orphelines et altérées, les routes subsistaient, et ainsi affranchies et livrées à elles-mêmes parfois certaines, comme celles des Putréfacteurs et des Nécros-chirurgiens, se rejoignaient pour tracer leur propre chemin. Et inévitablement, pour se procurer du H-702, il fallait entrer en contact avec des enfants d'Ohkt.
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Re: Préambule

Message par Vajrakilaya le Lun 28 Aoû - 19:29

Ce matin-là, je n'avais pas tout de suite remarqué le changement.
Le réveil s'était passé comme souvent, le palais et ma langue épineuse en sang. Puis, après quelques ablutions et mes salutations au Soleil, je m'étais rendue dans la salle logistique afin de consulter l'état de ma cuve de larves... Mes petites purificatrices se reproduisaient tranquillement, le seuil critique était tout proche.

Melpomène avait su me détourner de la tâche qui m'incombait, mais depuis que je les avais quittés je savais que rien ne pouvait m'arrêter.
Afin d'y attendre Totemkine et peut-être Keziah, je m'apprêtais à prendre les dunes pour me rendre au Palais, quand je m'aperçus qu'enfin, j'avais réussi. Si toutefois on pouvait appeler cela réussir, moi qui voulais depuis deux ans me nommer Elissandre ou Arya, voilà que je portais un nom bien obscur. Mais il avait le mérite d'être entier celui-là, un peu comme je me sentais depuis quelque temps... L'essentiel était que j'y étais parvenue et ainsi, par voie de fait, que Tisi était bien morte. J'y avais tellement travaillé, tellement conditionné mon esprit, depuis presque deux ans maintenant, depuis le jour où j'avais accepté de m'occuper des Nomades.
Naturellement, mes pensées se portèrent vers Requiem, elle qui m'avait appris à honorer Ojal... Et tout au long de ma présence auprès des Masques d'Or, c'était avec tout autant d'affection que j'avais essayé de leur transmettre ce que ma soeur d'âme m'avait enseigné à propos de notre Dakini de l'Ouest rouge, l'Inspiratrice de Vajrabhairava, et notamment et surtout la légende du Roi du Shamballa chère à l'Ordre Gelugpa.

Il y avait quand même quelque chose qui clochait. Vajrakilaya était une notion de l'ancienne école Nyingmapa alors que tout mon travail me ramenait constamment à la tradition Gelug, l'école des bonnets jaunes.
Et ce support courroucé véhiculait également une impression étrange. Ce n'était peut-être pas ce que j'attendais ou recherchais, mais la réalité était que je me sentais enfin épanouie, aboutie, délestée de toutes les trahisons que j'avais vues et subies, ou plutôt étaient-elles des bénédictions, comme le plomb pouvait se transmuter en or... L'Itinérance, à l'image de Tisi, était terminée, et j'en avais appris tellement plus que je ne l'aurais imaginé...

Toujours aussi décidée, je montais dans mon Betrayal et démarrais la turbine.
Il ne me fallut pas longtemps pour rejoindre le Palais et m'avancer dans la salle du Trône, vide. Spontanément, je m'asseyais lentement en position du lotus, déposant devant moi mon Sertissage Pentagrammique, et me recueillant en répandant de la poudre de coquillage..
Ma première prière alla à Ojal Panduraga... Puis la seconde au Shaman, laissant place ensuite à la troisième dirigée vers Talos. La quatrième elle était pour Souther, terminant par la cinquième pour König.

Je méditais paisiblement quand le Huitzilopochtli arriva... Je pris bien sûr le temps de le saluer affectueusement et de prendre de ses nouvelles, ainsi que de celles de la tribu, puis j'en venais à la raison de ma visite.

- " Tu sais, Totem, combien mon affection pour toi et la tribu est grande. Je vous aime et vous respecte profondément, et je suis triste de ne pas nous savoir dans le même camp. Mais ce que je ressens ne compte plus pour moi, et je suis vraiment désolée... Je sers Ojal et je crois en König.
Tisi s'est éteinte, et mon amour pour vous ne peut plus me retenir. Je ne peux plus supporter que Texohathl soit porté par un pro-37, je vis cela comme une insulte, tu sais.

Et ne prend surtout pas cela pour toi, tu es une personne honorable que j'apprécie et respecte beaucoup, et j'ai toujours pris ta défense, notamment contre Lilith par exemple, et déjà bien avant que je m'occupe de la tribu, tu sais. J'ai appris à te connaître, et je défendrai toujours la personne que tu es.
Mais il faut que je te dise, mon existence ne compte plus, et je ne pourrai pas vivre en laissant la couronne en possession d'un membre de la secte de Xiuhtecuhtli. Et si je t'en parle, ce n'est pas une menace ni un ultimatum, rien de tout cela. C'est juste que je te respecte et t'apprécie, tout autant que la tribu, et c'est pour cela que je t'en parle ainsi...

J'ai un peu réfléchi, et une chose qui pourrait être bien serait que tu restes chez les Prétoriens le temps que tu détiens la couronne, en quittant tout attachement au 37, afin d'être un Huitzilopochtli qui ne porte pas ombrage au seul vrai Roi. Et un membre des Prétoriens pourrait en contrepartie se rendre à Nomades pour aider la tribu à compenser ton absence.
Cela pourrait éviter que j'en vienne à faire quelque chose...

Dans tous les cas, tu as le temps de voir et de réfléchir, notamment avec Mael et la tribu, ainsi qu'avec les Prétoriens et les Batabs, ou qui tu veux... Pour ma part, j'ai quelques comptes personnels encore à régler avant de passer aux choses sérieuses, et ça prendra le temps que ça prendra."

Plissant les lèvres, je le saluai une dernière fois, avant de reprendre le Betrayal et de me diriger vers la concession de Quetzalitztli , ma petite "soeur chérie", fredonnant en pensant à Ojal...

https://www.youtube.com/watch?v=Zf8n0rc1JHc
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